printempsJ’ai joué dans mon ruisseau cette fin de semaine.  Il coule encore beaucoup malgré le mois de décembre qui est bien installé.  Des feuilles et des amas de branches entravent  sa course et l’oblige à faire des détours ou à forcer le passage.

En nettoyant le ruisseau avec mon bâton, l’eau d’abord très brouillée et boueuse, est redevenue claire.  Son chant a changé. Les obstacles déplacés l’ont libéré de tensions accumulées au fil des saisons. Une voix sourde grondait sous les amas de feuilles, de boue et de branches. En les déplaçant, son chant clair et limpide est revenu. Le ruisseau coule plus aisément et chante son contentement.

Les résidus que j’ai libérés ont brouillé l’eau, le ruisseau est devenu brunâtre.  Je ne voyais plus le fond.  Cette eau sale se répand et envahit tout le ruisseau.  Quel dommage, un gâchis…temporaire.  La force de vie, l’eau nouvelle qui coule en amont, nettoie.  La boue a passé, les amas se sont déplacés et la clarté est revenue.

Une vraie thérapie!!  Je déplace les obstacles, les barrages, les accumulations.  Tout se brouille pour un temps.  J’y  vois moins bien…Ai-je bien fait de libérer ces résidus accumulés et de brouiller la vie?  Puis…les résidus se déposent, l’eau redevient claire, les idées aussi et…le chant crystallin revient.

Au fil des saisons le ruisseau accumule des résidus, gèle, dégèle, coule à flot pour se libérer, roucoule doucement pendant l’été et recommence son cycle.

Il en va ainsi de ma vie, au fil des saisons, j’accumule des tensions et des résidus…je gèle, je fige et puis, pour me libérer, je coule à flot, je déplace des roches, des embâcles et j’aspire au retour de l’été pour pouvoir moi aussi roucouler doucement.

Je suis revenue de ma balade au ruisseau plus calme et apaisée.  La vie n’est pas comme un long fleuve tranquille mais bien comme un ruisseau bien vivant et changeant.

 

27 décembre 2015

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